Fidjrossè célèbre les 150 ans de fondation de l’Institut Combonien: Homélie de l’Archevêque de Cotonou

Le Dimanche 8 octobre 2017, la communauté paroissiale de Fidjrossè s’est mobilisée pour la célébration du jubilé de la famille Combonienne. Nous vous proposons ici l’homélie de Mgr Roger Houngbédji, archevêque de Cotonou, qui a présidé lui-même cette célébration eucharistique. 

Chers frères et sœurs en Christ

Toute la communauté paroissiale St François d’Assise de Fidjrossè est heureuse de se retrouver avec nos Pères Comboniens pour célébrer les 150 ans d’existence de leur congrégation. C’est en effet en juin 1867 que Daniel Comboni, leur Père fondateur, donna naissance à Vérone, en Italie, à « l’Institut pour les missions d’Afrique » qui sera appelé plus tard « L’Institut des Missionnaires Comboniens du Cœur de Jésus ».

La finalité de cette congrégation dès sa naissance était d’assurer l’évangélisation du Vicariat de l’Afrique centrale. Mais après 150 ans d’existence, les Pères Comboniens sont actuellement présents dans plusieurs régions du monde : ils travaillent dans 41 pays répartis dans quatre continents.

Célébrer les 150 ans de leur fondation, c’est se rappeler l’œuvre d’évangélisation immense accomplie par Daniel Comboni dès les débuts de l’Institut. C’est aussi rendre grâce à Dieu pour toutes les merveilles réalisées dans la vie de la congrégation et dans l’Eglise, durant ces années d’existence. Déjà à l’âge de 17 ans, Daniel Comboni jurait de consacrer toute sa vie à l’apostolat de l’Afrique Centrale.

A une époque où l’œuvre d’évangélisation (entreprise par plusieurs congrégations et soutenue par Propaganda Fide dans cette région d’Afrique) se heurtait à de grosses difficultés, Daniel Comboni eut la grâce de mettre en place un « Plan pour la régénération de l’Afrique ». C’est ainsi qu’en 1867, il fonda « l’Institut pour les missions de l’Afrique » (missionnaires Comboniens) et « l’Institut des Pieuses Mères de la Nigrizia » (missionnaires Comboniennes) en 1872.

Son but était de « sauver (ou régénérer) l’Afrique par l’Afrique ». Il s’agit là  en effet pour lui et les membres de sa congrégation de s’investir à fond dans l’évangélisation de l’Afrique, pour que le continent puisse se régénérer lui-même par sa conversion au Christ. Daniel Comboni s’est présenté comme un intrépide et un vaillant apôtre de Jésus-Christ dont l’œuvre d’évangélisation se poursuit encore aujourd’hui à travers ses fils et ses filles. Il y a lieu de rendre grâce à Dieu pour l’avoir donné à l’Eglise et pour toute l’œuvre accomplie par sa congrégation dans le sens de l’édification du Corps du Christ.

La question que nous pouvons légitimement nous poser en ce moment où nous célébrons les 150 ans d’existence est celle de savoir quel fut le secret de cet apôtre du Christ qui n’hésita pas à s’embarquer dans une œuvre d’évangélisation de grande envergure et à hauts risques. A la lumière des textes de l’Ecriture proposés à notre méditation, je voudrais relever trois points d’attention.

Le premier point est la grâce de l’Esprit dont nous parle le texte d’Isaïe : « L’Esprit du Seigneur Yahvé est sur moi, car Yahvé m’a donné l’onction ». Le prophète est conscient de la présence de l’Esprit sur lui grâce à l’onction reçue. L’Esprit reçu par l’onction fait de lui un « envoyé » de Dieu auprès de son peuple. Dans l’exercice de son ministère le prophète se reconnait donc entièrement dépendant de la grâce de Dieu, une force extraordinaire qui le couvre, le protège et lui permet de transcender ses propres limites humaines pour se porter vers les autres. La preuve que le prophète est animé de cette force divine est qu’il est capable de renoncer à lui-même pour se porter au secours de ceux qui sont dans le manque et vivent dans une grande détresse : les pauvres, les cœurs meurtris, les captifs, les prisonniers, les affligés. C’est dire que là où réside l’Esprit de Dieu, toutes les chaînes qui tendent à emprisonner l’homme en lui-même, tombent et laissent émerger une vie nouvelle.

Le Père Daniel Comboni, pour s’être lancé dans une œuvre d’évangélisation de grande envergure était aussi habité par la force de l’Esprit. Comme il le raconte lui-même, le 15 septembre 1864, tandis qu’il priait sur la tombe de Saint Pierre au Vatican, fondit sur lui la grâce divine « comme un éclair ». C’est de là que naquit son plan pour la régénération de l’Afrique. Le Père Daniel était donc conscient de la force de l’Esprit qui l’habitait, une force sans laquelle, il ne saurait réaliser l’œuvre extraordinaire dans laquelle il s’est embarqué avec beaucoup de foi et d’audace.

Célébrer les 150 ans d’existence des Pères Comboniens, c’est rappeler aux fils et aux filles de cette famille religieuse qu’ils sont eux-aussi habités par le même Esprit (du même charisme) que leur Père fondateur. De ce fait, ils sont appelés à avoir la même audace que lui, avançant toujours au large sans crainte et sachant qu’ils ne sont jamais laissés seuls dans la réalisation de l’œuvre d’évangélisation confiée à leur congrégation, dans l’esprit de leur Père fondateur.

Célébrer les 150 ans de la fondation des Pères Missionnaires Comboniens, c’est aussi rappeler à nous tous, membres de l’Eglise du Christ, le sens profond de notre vocation baptismale. De par notre baptême, nous avons reçu par l’onction la grâce de Dieu qui fait de nous des prophètes pour son Eglise. Que faisons-nous de cette grâce de Dieu reçue au baptême? Sommes-nous toujours prêts à nous laisser régénérer par elle, de façon à pouvoir sortir de nous-mêmes (de notre égocentrisme) pour aller vers les autres et leur porter la Bonne Nouvelle du salut? Ce serait manquer gravement à notre vocation baptismale que de laisser la grâce de Dieu sans effet dans notre vie et celle de nos frères et sœurs.

Le deuxième point d’attention que je voudrais relever est l’importance de la croix dans notre vie chrétienne. Saint Paul, dans sa lettre aux Galates dont nous venons d’écouter une séquence en deuxième lecture, attire notre attention sur l’attitude de certains membres de la communauté de Galates (les judaïsants) qui veulent imposer la loi de la circoncision aux autres, faisant croire qu’ils sont très attachés à la Loi de Dieu. L’apôtre fait observer que c’est par pur orgueil qu’ils agissent de la sorte : ils imposent la Loi aux autres non pas par souci d’observer eux-mêmes véritablement la Loi, mais juste pour se glorifier et montrer qu’ils sont de vrais croyants.

Or, pour saint Paul, la véritable gloire du chrétien doit se trouver plutôt dans la croix du Christ, la communion à ses souffrances, sa Passion, et sa mort. Du moment où nous communions à la croix du Christ, nous faisons nous aussi l’expérience du passage de la mort à la vie, de l’homme ancien (où domine la loi du péché) à l’homme nouveau, rénové par le Christ. Ainsi, de même que le Christ a été relevé de la mort par la Toute-puissance de Dieu, de même la force de Dieu est à l’œuvre dans la vie du chrétien. C’est dans ce sens que l’apôtre dira à son disciple Timothée : « Prends ta part de souffrance, en bon soldat du Christ Jésus… Si nous sommes morts, avec lui nous vivrons. Si nous tenons ferme, avec lui nous règnerons » (2 Tm 2, 8.12).

On comprend alors que dans son adresse aux Galates, voulant insister sur l’importance d’embrasser la croix du Christ comme moyen permettant de vaincre l’orgueil qui est au cœur de l’homme, saint Paul leur déclare : « Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde ». Autrement dit, c’est quand le chrétien s’unit véritablement à la croix du Christ qu’il pourra déraciner l’orgueil ancré dans son cœur et se consacrer résolument au soulagement des détresses dans le monde.

Lorsque saint Paul affirme que le Christ « a fait du monde un crucifié » pour lui, et de lui « un crucifié pour le monde », il veut attirer l’attention sur le rapport étroit entre le disciple du Christ, communiant à sa Passion et à sa mort, et le monde auquel il est envoyé pour soulager ses détresses. C’est dans la mesure où le chrétien communie véritablement aux souffrances du Christ sur la croix qu’il peut se consacrer totalement jusqu’au sacrifice de sa propre vie au soulagement des souffrances du monde.

Cette expérience de Paul semble ce qui a marqué aussi la vie de Daniel Comboni. Il se présentait comme un « crucifié avec  le Christ pour l’Afrique ». C’est parce qu’il communiait profondément aux souffrances du Christ qu’il a pu avoir la force extraordinaire (celle du Ressuscité) lui permettant de surmonter les obstacles sur le chemin de la mission. Il devait en effet faire face au rude climat des localités à évangéliser, aux maladies, aux difficultés des chasseurs d’esclaves et à l’hostilité musulmane pour apporter l’Evangile à l’Afrique crucifiée. Pour lui, seule la croix du Christ (dont sa vie était profondément marquée) a la force de transformer l’Afrique en terre de bénédiction et de salut. Qu’importe ce qui adviendra à lui-même! Ce qu’il désirait profondément, c’était d’être un « anathème », un sacrifié pour ses frères d’Afrique. La conversion de ces derniers lui importait plus que tout le reste.

Il s’agit là d’un témoignage fort donné par cet apôtre de Jésus-Christ, un témoignage qui ne saurait ne pas interpeller nous qui avons aujourd’hui pour mission d’œuvrer pour le relèvement de l’Afrique. L’Afrique continue d’être le continent le plus crucifié du monde. En tant que disciples du Christ, il nous faut communier aux souffrances du Christ pour avoir la grâce nous permettant de nous investir corps et âme pour son relèvement.

Le troisième secret du Père Comboni nous est révélé à travers l’image de Pasteur dont nous parle la page d’évangile que nous venons d’entendre. Ce qui caractérise le Bon Pasteur comme l’explique St Jean est la relation d’intimité profonde qui le lie aux brebis. La relation d’intimité est d’autant plus profonde que le Pasteur connait chacune des brebis par son nom. Il est même prêt à se détacher de sa vie, à sacrifier sa propre vie pour elles, notamment lorsqu’un danger survient et tend à compromettre la vie des brebis.

Le vrai pasteur est toujours prêt à sacrifier sa propre vie, pourvue que les brebis aient la vie sauve. Nous avons là le sens très fort de l’amour selon saint Jean : « Nul n’a plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13). Le vrai pasteur, c’est celui qui aime ses brebis au point de sacrifier sa propre vie pour elles. On ne peut pas être vrai pasteur des brebis du Christ sans les aimer,  sans se détacher de sa propre vie pour elles.

C’est parce que le Père Daniel Comboni aimait tant l’Afrique qu’il n’hésitait pas à considérer sa propre vie comme « anathème » et à se sacrifier pour elle, pourvue qu’elle puisse parvenir à sa régénération et à son salut. Quel beau témoignage pour toute la famille combonienne, quel bel exemple pour nous chrétiens et pasteur du peuple de Dieu à nous confié !

Demandons au Christ, le vrai Bon Pasteur, de toujours ranimer en nous la flamme d’amour qui embrasait  le cœur de Daniel Comboni, afin qu’animés par cette flamme, nous puissions nous-aussi nous investir corps et âme, avec passion, dans l’œuvre d’évangélisation qui nous est confiée. Amen !

+ Roger Houngbédji, o.p.

San Paolo: VP et Ordination diaconale de Bernardin Anoumou

Après son temps de service missionnaire hors de la Province, Bernardin a professé ses voeux perpétuels le samedi, 4 Février dernier à S. Paolo.

Suivront les cérémonies d’ordination diaconale une semaine plus tard. Il accède à l’ordre du diaconat le samedi, 11 Février. Continuer la lecture de San Paolo: VP et Ordination diaconale de Bernardin Anoumou

Afrique du Sud: Ordination diaconale de Prosper Tehou

Le dimanche 15 janvier 2017, Prosper Tehou, jeune missionnaire combonien du Bénin, a été ordonné diacre par l’archevêque William Slaterry, ofm, à la paroisse de Saint-Augustin de Silverton à Prétoria, en Afrique du Sud. Quelques jours avant l’ordination diaconale (le 6 Janvier 2017), Prosper avait émis ses vœux perpétuels comme missionnaire combonien.
L’Eucharistie a été concélébrée par de nombreux confrères et prêtres amis de Prosper. Continuer la lecture de Afrique du Sud: Ordination diaconale de Prosper Tehou

Inserrée dans une longue histoire…