La formation permanente n’a pas de frontières!

Inserrée dans une longue histoire...

La formation permanente n’a pas de frontières!

Homélie du P. Canisius à Fidjrosse lors de la messe dominicale en présence des participants à l’Assemblée du Secrétariat de la Formation

Chers confrères,
Avec l’autorisation du peuple de Dieu ici rassemblé en la paroisse St François d’Assise de Fidjrossè, je me permets de partager avec vous le fruit de ma méditation des textes de la liturgie en ce vingt deuxième dimanche du temps ordinaire.P-Canisius
Cette célébration eucharistique dominicale qui se situe au cœur de notre assemblée vient bien, de manière providentielle nous rappeler l’essentiel de la réponse à la plus grande question que nous nous sommes posés. « Que faire pour que naisse en nous-mêmes et en nos confrères, actuels et futurs, la conscience d’une nécessaire formation continue? »La liturgie de ce jour nous rappelle à juste titre une vertu fondamentale : l’humilité.
En effet, l’Evangile de ce jour a fait surgir en moi cette interrogation : Qu’y a-t-il de plus important aux yeux d’un invité: la place qu’il va occuper à l’invitation ou simplement l’honneur qu’on lui fait en l’invitant gratuitement ?A moins qu’il s’agisse d’invitation intéressée, celle que Jésus dénonce aussi dans l’Evangile, le plaisir qu’offre une invitation / une élection, réside dans la considération et l’honneur que celui qui nous invite nous fait. La joie de notre baptême réside avant tout dans le don gratuit de la foi ; la joie de notre consécration réside avant tout dans l’honneur que Dieu nous fait en nous appelant, malgré nos faiblesses à son saint service.
S’il suffit qu’on se contente du fait d’être invité, du fait d’être choisi et de ne chercher rien d’autre que la manière la plus simple d’honorer cette invitation, le peuple d’Israël en a bien conscience. Il est peuple élu, non en vertu d’un privilège propre mais en raison de l’amour de Dieu qui, malgré le fait qu’il soit ‘‘le plus petit des peuples de la terre’’, fait de lui la ‘‘lumière des nations’’. Il comprendra donc que la véritable sagesse consiste à se tourner vers celui dont ils dépendent en tout : Dieu. L’expérience de l’exil, si elle lui rappelle sa faiblesse lorsqu’il s’éloigne de Dieu, vient bien lui en faire le rappel. La véritable sagesse c’est être à l’écoute. ‘‘Ecoute Israël’’ deviendra donc un appel quotidien que chaque Israelite doit se lancer. « Qui est sensé, médite les maximes de la sagesse ;l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute. » nous dit Ben Sirac le Sage. Il nous rappelle aussi la condition nécessaire pour une écoute féconde : l’Humilité. « Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité ». « Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser » ajoute-t-il.« L’humilité est la vertu qui s’oppose à l’orgueil, à la suffisance ou à l’arrogance. La personne humble est celle qui reconnaît ses limites et ses fragilités ». L’humble croyant est celui qui sait qu’il dépend en tout de Dieu, même si celui-ci le couronne de gloire, puisque lui faisant la grâce d’être parmi ses élus, ses invités. « Il s’est penché sur son humble servante, désormais tous les peuples me diront bienheureuse ». Et Marie qui se savait humble servante du Seigneur avant l’annonciation, continuera de se savoir humble servante du Seigneur dans et après la maternité divine.
L’histoire nous dit qu’en 180 avant Jésus, Ben Sirac a ouvert une école de théologie à Jérusalem. Pour faire sa publicité, il disait : « Venez à moi, gens sans instruction, installez-vous à mon école ». (Si 51, 23). Ne venaient s’inscrire donc que ceux qui se savaient dans le besoin de connaissance et l’acceptaient avec humilité. « Si l’on croit tout savoir, on ne juge pas utile d’apprendre par des cours, des conférences, des livres » dit Marie Noëlle Thabut.
Voilà donc qui nous lance sur le chemin de la formation permanente dans notre vie chrétienne en général et notre vie consacrée en particulier. Savoir que ce que nous sommes, nous le devons à la grâce de Dieu, nous tourner humblement vers lui ; continuer de nous laisser instruire et conduire par lui faisant dos à toute distraction qu’entrainent les discussions concernant la première place. Voulez-vous être premiers dans le royaume ? nous demande-t-il. Soyez comme ce petit enfant, confiant, en quête de maturité avec un esprit d’abandon total.
Chrétiens de tels nombre d’année, baptisés par tel prêtre de la première génération chrétienne, poursuis ton chemin de maturité chrétienne car on ne finit jamais d’apprendre. Si cela est vrai en ce qui concerne les réalités terrestres, il l’est aussi et plus, en ce qui concerne les réalités du royaume.
La vie consacrée elle aussi n’est pas un aboutissement, une fin en soi. Le privilège de la particularité de l’appel, nous engage à suivre le Christ de plus près en étant des témoins pour nos frères et sœurs. Poursuis ton chemin de maturité humaine, chrétienne et religieux. Car on ne finit jamais d’apprendre. Si cela est vrai en ce qui concerne les réalités terrestres, il l’est aussi et plus, en ce qui concerne les réalités du royaume.
La lettre aux Hébreux nous rappel la figure essentielle de notre vie chrétienne. Le Christ Jésus. Loin de la majesté des signes qui ont accompagné l’Ancienne Alliance, il se manifesta à nous en toute humilité et nous a introduits dans l’alliance nouvelle et éternelle à travers l’abaissement total.
Et Saint Paul nous le dit si bien :

« Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus,
ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.
Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,
afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, »
et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. »

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